Le Patrimoine avant la séparation de Leers

Le Chemin des Morts

La partie encore visible du Chemin des Morts est le prolongement de la rue des Longs Trieux à Leers-Nord vers l’église de Leers France.

Le Traité des Limites conclu entre la France et les Pays-Bas autrichiens a permis de rectifier la frontière entre les deux pays. En 1769, Leers-Tournaisis (1/4) est rattaché à la France, dont Leers-Châtellenie de Lille (3/4) fait partie, formant une seule paroisse de 945 ha ! En 1781, une partie de Leers, avec la route de Belva qui entravait le commerce, est rétrocédée aux Pays-Bas autrichiens (405 ha).

Ce partage n’a rien changé à la situation du curé de Leers. L’abbé Cosse se contenta d’inscrire sur deux registres séparés les sujets de l’empereur d’Autriche pour Leers-Nord, et les sujets du roi Louis XVI, roi de France pour ceux de Leers-Sud. Les nouveau-nés furent tous présentés à l’église de Leers-France, et les morts y étaient apportés par un chemin qui a conservé le nom de “Chemin des Morts”.

Ce chemin partait de la place actuelle de Leers-Nord, empruntait le chemin de la Croix Bazulante*, puis le chemin Courage pour aboutir au chœur de l’église de Leers-France.

*La croix basculante des enfants de chœur traversant les blé pour les Rogations serait à l’origine de ce nom.

Sur les ruines de la ferme a été découvert un puits gallo-romain (des vestiges sont déposés au musée de Leers).

Le Château de la Royère

Situé autour de la rue de la Royère et la rue du Château de la Royère à Leers-Nord

De la motte féodale au château fort

C’est probablement vers 1100 une motte féodale avec tour en bois, passerelle escamotable.. que Havide de Néchin amène en dot à Lambert de Wattrelos.

Les Tournaisiens se donnent à Philippe II Auguste. Le Tournaisis appartiendra au domaine royal français durant plus de 300 ans (1187-1521).

La Royère est située en châtellenie de Lille, comté de Flandre, sur Leers et Néchin, à l’orée du bois de Wattines, à la limite du Tournaisis : c’est le château de la Limite.

En 1227, c’est probablement une motte féodale avec tour en pierre qu’acheté Arnoul IV.

Plus riche que le vendeur Hugues de Roubaix il fait peut-être bâtir l’enceinte en pierre de Tournai

Quelques propriétaires et leur temps

A partir de 1500, par mariage, les seigneurs de Roubaix seront aussi seigneurs de la Royère : les de Werchin, les de Melun.

Pierre de Melun, gouverneur de Tournai, seigneur de Roubaix et de la Royère, partisan des protestants, est considéré comme mort civilement par Philippe II, roi catholique. Ses biens partent, par Anne de Melun, dans famille de Ligne.

Partisan de l’Edit de Nantes (Henri IV, 1598), Louis XIV fait restituer la Royère aux de Melun. Disputes de famille : les biens repartent aux de Ligne, retournent aux de Melun .

Un Crombez de Tournai achète la Royère, 35 hectares (plan Popp vers 1850). Mlle Crombez de Remond de Montmort épouse le Comte Ferdinand Costa de Saint-Gérix de Beauregard…

Tout est ensuite revendu à des fermiers.

Mais après l’enfer des dégradations, c’est le paradis.

Les propriétaires actuels du château, Pierre et Annie Moulin-Duthoit et leurs enfants s’occupent de le restaurer, surtout Olivier Moulin, qui a présenté une thèse sur ce patrimoine en fin d’études d’architecture.

Les fermes de Leers Nord

La ferme de la Motterie

Au XIIIe siècle elle appartenait à la famille Moictuerie. Par la suite elle devint propriété de la famille des Cordes très connue dans l’histoire des Flandres.

Au XVIIIe, elle est occupée par Antoine Dubus alors favorable à la « scission ». Son fils deviendra le premier bourgmestre de Leers-Nord lors de la séparation des deux communes.

Outre son intérêt architectural, la Motterie et sa proximité avec le chemin de Belva fut au cœur du découpage frontalier qui secoua la commune de Leers entre 1769 et 1819.

Entourée de peupliers, d’eau, de bâtiments ne présentant qu’une entrée surplombée d’un pigeonnier portant la date de sa construction 1650, la ferme de la Motterie constitue un ensemble particulièrement bien conservé et un bel exemple local de ferme à cour carrée.

La ferme de la Becque

Au XVIe siècle, le fief de la Becque appartenait à Nicolas Bourgeois et à sa femme Barbe de Bachy.

En 1636 le château de la Becque était très fortifié.

La maison de plaisance ou habitation du seigneur consistait en trois corps de logis, à savoir :

  • Une grande maison, avec salles, cuisines, bouteillerie, chambres, garde-robes, toute couverte d’ardoises.
  • Un immense carré avec chambres, greniers, tourelles, jardin de terre entouré d’eau, auquel on avait accès par un pont de bois.
  • Une basse-cour avec grange, étables de chevaux et de vaches et un jardin bien planté, entouré d’eau. Un pré de terre s’étendait le long de la drève qui s’alignait en face de la porte d’entrée.

Plus loin était la ferme ou maison manable, édifiée en briques, avec chambres, cuisines, deux granges, des étables pour chevaux, vaches et brebis, un colombier et autres édifices, jardin, etc.

En 1803, on démolit le château, et ses ruines servirent à construire la base de l’église de Leers-Nord.

Aujourd’hui la ferme demeure un bel exemple d’architecture locale dite « rouge-barre » alternant briques et pierres blanches.